Asbestose de la prostate et du col vésical
Deux cas cliniques
|
Premier cas
Homme agé de 40 ans, employé depuis 17 ans dans une fabrique de plaquettes de freins en amiante. Consulte l’ urologue pour besoins mictionnels impérieux ayant débuté 8 ans auparavant. A subi déjà quatre cystoscopies et une électrocoagulation du col vésical pour un aspect leucoplasique. L’urétroscopie montre une nette surélévation du col vésical et la présence de petites taches noirâtres disséminées sur le revêtement de l’urètre prostatique, pouvant correspondre aux orifices des glandes prostatiques. La vessie n’est que très légèrement trabéculée. Les suites opératoires de la résection sont perturbées par une hématurie qui dure un mois, sans anomalie de la crase sanguine.
Examen anatomo-pathologique des copeaux de résection :
CONCLUSION : Inflammation granulomateuse nécrosante, parfois caséiforme, très évocatrice d'une tuberculose.
Bien que le diagnostic de tuberculose ne soit suggéré par aucun élément anamnestique, clinique, radiographique ou de laboratoire autre que l’anatomie pathologique microscopique, un traitement d’ essai par INH, Ethambutol et Rifampicine est instauré. L’ échec du traitement d’ essai, l’ absence de preuve bactériologique du bacille de Koch et la notion anamnestique d’exposition à l’amiante sur laquelle insiste le patient font demander une recherche de fibres d’amiante dans les copeaux de résection.
Examen des cendres au microscope électronique analytique
Un examen des cendres au microscope électronique analytique révèle la présence de fibres d' amiante constituées par du chrysotile et de l' amphibole.... CONCLUSION : Le prélèvement examiné contient des fibres d' amiante contituées par du chrysotile et de l' amosite non altérées cristallographiquement. Une forte proportion de ces fibres est d' une longueur inférieure à 5 microns. Leur concentration est de 18O.000 fibres par gramme de tissu sec, avec une fréquence du chrysotile trois fois plus élevée que celle de l' amosite. Cette teneur est comparable à celles qu' on observe dans certains cas de mésothéliomes pleuraux.
En dépit de la prudence du chirurgien la résection très modérée du col vésical a entraîné, comme prévu, une perte de l' éjaculation. Toutefois, en l' espace de trois à six mois, l’ éjaculation normale antégrade a reparu peu à peu , en même temps que la dysurie due à la fibrose récidivante du col vésical. Une nouvelle résection a été pratiquée du fait de la sévérité de la stase urinaire. L’ analyse histologique n’a pas montré d’ évolution cancéreuse. En revanche le patient commence à présenter une légère dypnée d’effort dont il était exempt jusque là. A ce moment il travaillait depuis 21 ans dans la même usine.
|
![]() |
|
Fibre d' amosite |
|
Deuxième Cas
Homme de 74 ans. Consulte pour hématurie. Il est en invalidité à 100 % pour asbestose pulmonaire encourue en tant que riveteur de chantier naval. Il a subi une adénomectomie prostatique par voie haute 13 ans auparavant. Le toucher rectal révèle un noyau prostatique pierreux. Une cystoscopie récente montrait un polype de l’urètre prostatique. La résection endoscopique de la prostate permet d’enlever 16 grammes de tissu comprenant le polype.
Examen anatomo-pathologigue Examen séparé du polype de l' urètre prostatique et des copeaux.
CONCLUSION : Carcinome canalaire prostatique ( encore appelé à cellules transitionnelles de la prostate )
Eu égard aux enseignements du premier cas, on demande une recherche de fibres d' amiante dans les copeaux de résection.
Analyse des cendres au microscope électronique analytique
CONCLUSION : les particules d’origine exogène contenues dans ces prélèvements de prostate et d’urètre sont essentiellement à base de titane ou de plaquettes de chlorite . La présence de fibres d’amiante est trop peu importante pour être significative.
|